Cibler la protéine Tau pour agir sur les mécanismes de la maladie
Comment freiner les mécanismes qui entraînent la dégradation des neurones ? Pour répondre à ce défi, Glyx Therapeutics mise sur la protéine Tau.
Naturellement présente dans les neurones, cette protéine contribue à leur bon fonctionnement. Dans certaines maladies, elle subit des modifications anormales et forme des amas qui participent à la détérioration des cellules nerveuses. Ces maladies sont appelées « tauopathies ». La maladie d’Alzheimer en fait partie, aux côtés notamment de la maladie de Pick et de la paralysie supranucléaire progressive.
Les équipes du LG2A ont conçu des molécules dérivées de sucres capables, dans les modèles étudiés, d’agir sur des mécanismes précoces de cette modification anormale de Tau. L’objectif : développer des candidats médicaments susceptibles de freiner la progression de ces maladies, en intervenant sur leurs mécanismes et pas seulement sur leurs symptômes.
Une innovation née de la rencontre entre deux expertises
Cette piste thérapeutique est née d’une rencontre entre la chimie des sucres et la biologie des maladies neurodégénératives.
Anne Wadouachi, professeure à l’UPJV et aujourd’hui directrice scientifique de Glyx Therapeutics, travaillait au LG2A sur des sucres modifiés, initialement étudiés pour stimuler les défenses naturelles des plantes.
Lors d’un congrès, ses échanges avec Dulce Papy-Garcia, professeure à l’Université Paris-Est Créteil et spécialiste des tauopathies au laboratoire Gly-CRRET, ont ouvert une nouvelle perspective : tester ces molécules sur les mécanismes liés à la protéine Tau.
Une étape majeure vers le développement de médicaments
Accompagnée par la SATT Nord depuis sa détection en 2017, la technologie a bénéficié de près de 700 000 euros consacrés à sa maturation. Ce soutien a notamment permis de protéger l’invention par un brevet et d’obtenir une preuve de concept dans un modèle vivant.
La licence exclusive signée le 13 octobre porte sur un brevet et un savoir-faire. Elle donne à Glyx Therapeutics les droits nécessaires pour transformer ces avancées scientifiques en un programme de développement de médicaments.
La start-up prépare désormais une levée de fonds d’amorçage pour conduire les études précliniques réglementaires et préparer une première étude chez l’être humain. Son ambition : développer une thérapie capable d’agir sur les mécanismes précoces des tauopathies, dont la maladie d’Alzheimer.
Depuis Amiens, la recherche UPJV au service de l’innovation en santé
Avec Glyx Therapeutics, une découverte née dans un laboratoire de l’UPJV devient un projet entrepreneurial tourné vers un défi majeur de santé publique.
Cette avancée témoigne de l’expertise et de la persévérance des équipes scientifiques, ainsi que du rôle essentiel des partenaires qui accompagnent le transfert de la recherche vers l’innovation.
Elle souligne également la capacité de l’UPJV à contribuer au développement économique de son territoire et à faire émerger de nouvelles perspectives en santé, une dynamique que l’université entend renforcer avec la création du consortium Innov4U.